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Entre “estat tenir” et “esbatement”: l’orfèvrerie selon les chroniqueurs français sous les règnes de Charles V et Charles VI

Autore: Michele Tomasi
In: I libri di Viella. Arte / Études lausannoises d’histoire de l’art. 21
Abstract

Comme l’avait déjà montré de manière pionnière Johan Huizinga, les chroniqueurs des années autour de 1400 sont des témoins privilégiés de la culture des élites dans la France de Charles V et Charles VI. Négligés par les historiens de l’art qui se sont presque exclusivement concentrés sur les écrits italiens de la première renaissance, Jean Froissart, Michel Pintoin ou les Grandes Chroniques de France sont des sources précieuses pour retracer les jalons d’un discours sur l’art naissant, comme le montre une analyse menée à partir de l’exemple de l’orfèvrerie. Ces textes permettent d’abord de constater que les objets précieux occupent (avec les textiles) une place de choix dans les pratiques et dans l’imaginaire des aristocrates. Surtout, ils ouvrent des perspectives plus larges sur le problème de l’appréciation esthétique des œuvres médiévales, en mettant en lumière l’existence de figures d’amateurs qui, dans un contexte intime, échangent sur les qualités des œuvres et en permettant de saisir les catégories d’évaluation qui se mettent en place et les termes qui servent à les exprimer.