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Des reliquaires à succès des régions septentrionales: phylactères et croix staurothèques (fin du XIIe - première moitié du XIIIe siècle)

Autore: Christine Descatoire
In: I libri di Viella. Arte / Études lausannoises d’histoire de l’art. 21
Abstract

Les croix staurothèques et les phylactères constituent deux types de reliquaires qui ont connu un succès notable dans les régions septentrionales, particulièrement dans le nord de la France et l’aire mosane, entre la fin du XIIe siècle et la première moitié du XIIIe siècle. Ce succès s’explique en partie par l’évolution des pratiques cultuelles, notamment l’afflux des reliques de la Passion du Christ et surtout de fragments réputés provenir de la Vraie Croix, mais aussi l’émergence de nouvelles pratiques dévotionnelles, axées sur le besoin des fidèles de voir l’objet de leur dévotion. Les phylactères, sans doute nés et très développés dans ces régions, remplissent semble-t-il de multiples fonctions, pas toujours aisées à cerner. Les commanditaires des croix et des phylactères sont principalement ecclésiastiques mais aussi laïcs. Dans le premier cas, ils sont souvent aussi les destinataires des reliquaires. Nombre de croix staurothèques ont été commandées par et pour des abbayes cisterciennes. Quant à la production de ces objets, s’il est possible de repérer des liens artistiques et des influences réciproques, témoins d’une culture visuelle commune, il est plus difficile, sauf pour quelques cas comme celui de l’atelier du prieuré d’Oignies, de déterminer des regroupements et de les rattacher à des ateliers précis.