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D’or et d’argent: l’orfèvrerie chypriote entre Orient et Occident (XIIe-XVIe siècle)

Autore: Philippe Trélat
In: I libri di Viella. Arte / Études lausannoises d’histoire de l’art. 21
Abstract

Cet article s’intéresse à une activité de l’artisanat d’art, l’orfèvrerie, à Chypre sous la domination latine (1191-1570). Il aborde dans une première partie les témoignages iconographiques (fresques de la Panagia Amasgou à Monagri et de la Panagia Arakiotissa à Lagoudera), littéraires (récits de la 3ème croisade) et archéologiques (moule d’orfèvre à Nicosie) de la production et circulation d’objets en or à l’époque byzantine. Ensuite, le travail du métal précieux est étudié à travers le règlement du métier d’orfèvre de la fin du XIIIe siècle. Soucieux de protéger et de développer cette activité, le roi Henri II met en place un statut des orfèvres (1286) à Nicosie sur le modèle occidental. La diversité de condition sociale semble être la règle pour les fabri exerçant dans la capitale et à Famagouste. La troisième partie de cet article présente quelques exemples de produits de l’orfèvrerie chypriote relevés principalement dans les inventaires princiers et ecclésiastiques occidentaux: fil d’or, icône revêtue de feuilles d’or, brûle-parfum, drageoir et de nombreux objets liturgiques. Enfin dans une dernière partie, la consommation et la circulation de cette production chypriote sont examinées. À côté d’une demande locale stimulée par les commandes des différentes églises chrétiennes insulaires et des élites urbaines, se développe un réseau de diffusion des produits du luxe chypriote (voyageurs occidentaux, marchands italiens et cour royale chypriote). Ainsi, l’orfèvrerie chypriote se présente comme un modèle original d’artisanat d’art en Méditerranée orientale.